Trouble de panique avec agoraphobie

Trouble de panique avec agoraphobie

Le diagnostic était sorti : « Trouble de panique avec agoraphobie ». C’était le début du reste de ma vie… Tout a changé si rapidement… De l’hôpital psychiatrique au centre d’accueil, en passant par le foyer de groupe… En 4 ans, j’avais déménagé 7 fois et changé d’école autant de fois. … Je faisais maintenant partie du « système ». J’avais perdu tous mes repères. On m’avait confiée à d’autres. Je n’avais plus d’identité. Pour mes 18 ans, on m’a remis un chèque de 150$ et on m’a dit bonne chance!

Heureusement, j’avais réussi à terminer mon secondaire et je m’enlignais vers une belle carrière… Mais, malheur! J’avais 18 ans et je devais maintenant gagner ma vie, me loger et me nourrir moi-même… J’ai réussi à me trouver des emplois et faire quelques cours au Cégep et même à l’Université, mais dès que je vivais une rechute au niveau de ma santé mentale, je perdais tout ce que j’avais acquis et tout était à recommencer. Aujourd’hui encore, je me demande souvent où je serai demain et si j’arriverai un jour à ne pas finir par tout perdre. Avant même de savoir ce qu’était un dossier de crédit, il était trop tard : une faillite ET une proposition au consommateur se sont rapidement inscrites au dossier, Me trouver un logement était une mission quasi-impossible…. Je n’ai jamais ressenti la sécurité ni la stabilité, j’ai toujours vécu sur un mode de « survie »….

Il y a environ cinq ans, j’ai pris ma valise et je suis déménagée dans le Nord de l’Alberta. Je me suis impliquée dans le milieu communautaire et ai vécu une expérience vraiment enrichissante, j’avais trouvé un nouveau sens à ma vie et j’étais enfin sur la bonne voie… Mais, je n’étais pas au bout de mes peines car dès mon retour, j’ai eu droit à la « bureaucratie » de notre cher Québec. Il m’a fallu trois mois avant de recevoir mon premier chèque de chômage, ma voiture ne passait pas l’inspection et je devais attendre trois mois pour l’assurance-maladie. Par conséquent, j’ai dû dormir dans ma voiture et dans d’autres endroits empruntés… J’ai cogné à plusieurs portes, mais on me disait responsable de mon sort… On jugeait mes choix, mes décisions et mon manque de stabilité. Je vivais beaucoup d’incompréhension…

Si j’ai choisi de raconter tout ça, ce n’est pas pour décourager qui que ce soit, c’est plutôt pour vous montrer que malgré les services existants, le système comporte encore plusieurs failles et qu’il est essentiel de continuer à agir et à se mobiliser pour obtenir des changements rapides et durables…

Je tiens tout de même à dire que malgré toutes ces difficultés, je ne changerais pas de place avec qui que ce soit. Ma vie est remplie d’expériences qui me font grandir et c’est comment je choisis de les vivre qui influence ma perception de celle-ci. Pour moi le rétablissement est dans la reconnaissance de mes limitations et dans l’utilisation de mes forces et de mon ouverture aux personnes et aux expériences qui se présentent sur mon chemin, pour m’apprendre comment continuer. Depuis toujours, je me laisser guider, comme une plume au vent…

Julie Tansey

/ Santé mentale

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